La bataille d’Iéna : la nuit d’avant, 13 octobre 1806 (NAP0025)
La nuit avant Iéna : des artilleurs élargissent à la pioche un sentier dans le rocher, à la lanterne, pour que les canons atteignent le plateau.
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La veille d’Iéna-Auerstedt, 13 octobre 1806
La nuit, la neige, une lanterne tenue haut par un chasseur de la Garde, et dans cette lumière des hommes en manches de chemise frappant le rocher à la pioche pendant qu’on hisse une pièce derrière eux. Au milieu, en redingote grise, l’Empereur : il ne commande pas une bataille, il est sur un chantier. C’est ici que la bataille du lendemain se gagne réellement.
Le problème était un sentier, pas un ennemi
La position qui comptait était le Landgrafenberg, le plateau dominant Iéna. L’infanterie pouvait y monter ; l’artillerie non : l’unique accès était un sentier de roche trop étroit pour un affût. Sans canons, le plateau ne valait rien — une position qu’on ne peut pas soutenir par l’artillerie est une position dont on sera chassé. Il fallait donc élargir le passage, à la main, dans le noir, en quelques heures.
Pourquoi l’Empereur tient la lumière
Il y passa la nuit. Le détail a l’air d’une propagande et n’en est presque pas une : un chef physiquement présent au point d’effort obtient l’effort. C’est aussi l’exact contraire de Marengo six ans plus tôt, où le même homme avait dispersé ses divisions sur une hypothèse. La différence entre les deux journées n’est pas le génie, c’est la préparation — et cette planche montre la préparation.
Deux batailles le même jour, et c’est la mauvaise qui est célèbre
Le 14 octobre, Napoléon attaqua à Iéna et détruisit ce qu’il croyait être l’armée prussienne principale. Ce n’en était qu’un fort détachement. La véritable armée prussienne se trouvait à quinze kilomètres, à Auerstedt, où le maréchal Davout la battit avec un seul corps d’armée, à un contre deux environ. Davout gagna la bataille la plus difficile et n’en reçut qu’une fraction du mérite : le bulletin s’écrit là où se trouve l’Empereur.
Ce qu’une seule journée fit à un État
L’armée prussienne — celle de Frédéric le Grand, le modèle que la moitié de l’Europe copiait — cessa d’exister comme force opérante en six heures, et Berlin tomba en deux semaines. L’effondrement fut si total qu’il produisit sa propre réponse : Scharnhorst, Gneisenau et la commission de réforme refirent l’armée prussienne de fond en comble. La machine qui revint en 1813 fut conçue sur les décombres de cette défaite.
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