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Le duc de Wellington et son quartier général à Waterloo (NAP0029)

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Le duc de Wellington et son état-major à Waterloo : l’armée composite qu’il jugeait lui-même infâme, l’état-major décimé en portant les ordres, et une journée dont tout le plan était de tenir.

Plage de prix : €23.00 à €70.00

Le duc de Wellington à Waterloo : l’état-major sous l’arbre

Un groupe sous un arbre, une lunette, une dépêche qu’on lit, un jeune officier assis sur une souche parce qu’il n’a pas dormi depuis deux jours, des chevaux tenus à la main, et au fond la ligne rouge de l’infanterie. Aucune charge dans cette planche, aucune fumée. C’est la partie de la bataille qui la décide et qu’on ne peint jamais : six hommes, une carte, et des messages qui arrivent.

L’adversaire d’un seul jour, qui avait déjà six ans de guerre

Vu de France, Wellington est le nom d’une journée. Il arrive pourtant à Waterloo avec l’Inde derrière lui et six années de guerre en Espagne et au Portugal, où s’est formée sa réputation : celle d’un chef qui choisit son terrain, se laisse aborder, et gagne en usant l’adversaire. Ce n’est pas sa meilleure bataille. C’est la plus caractéristique.

Une armée que personne n’aurait choisie

Ce qu’il commande en juin 1815 n’est pas une armée britannique : moins de la moitié des hommes le sont. Le reste est King’s German Legion, Hanovriens, Hollando-Belges, Nassau, Brunswick — et plusieurs d’entre eux combattaient pour l’Empereur deux ans plus tôt. Dans une lettre de mai 1815 il la qualifie d’armée infâme, très faible et mal équipée, avec un état-major inexpérimenté. Les uniformes dépareillés de la planche sont exactement cela.

Un chef qui ne reste pas en place

Le contraste avec l’autre bout du champ est net. Napoléon commanda Waterloo depuis un point d’observation fixe ; Wellington passa la journée à cheval, se portant d’un point menacé à l’autre et donnant ses ordres sur place, parce qu’une armée qui parle quatre langues ne se gouverne pas par dépêche. Les deux méthodes fonctionnent : elles conviennent à deux armées différentes.

L’état-major était l’instrument, et il fut détruit

Ces hommes ne sont pas un décor : ils portaient les ordres en personne, au galop, là où il fallait. D’où des pertes sans rapport avec leur nombre. De Lancey, quartier-maître général, fut frappé et en mourut ; Fitzroy Somerset perdit un bras ; Alexander Gordon fut tué. Au soir, Wellington avait perdu une bonne part des hommes par lesquels il commandait depuis le matin.

Tenir était tout le plan

Il ne cherchait pas à vaincre le matin : il cherchait à être encore là le soir, quand les Prussiens arriveraient. Toute la journée est un calcul sur le temps — la crête, l’infanterie tenue hors de vue derrière elle, les fermes défendues jusqu’au dernier homme à Hougoumont et à La Haie-Sainte. C’est la façon la moins romanesque de gagner une bataille, et l’une des plus difficiles : elle exige d’une armée qu’elle encaisse toute la journée sans avoir le droit de répondre.

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