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Les chars à faux perses à Gaugamèles (EVA0174)

Sku: EVA0174 Category:

Gaugamèles, 331 av. J.-C. : une arme conçue pour terrifier une armée immobile, face à une armée qui s’ouvre et la laisse passer — et la tablette babylonienne qui en donne la date exacte. Gouache sur carton, 30 × 40 cm.

€490.00

Gaugamèles : une arme qui contient un présupposé

Un char est déjà renversé, son conducteur projeté en l’air. Au centre, l’attelage arrive avec les lames encore fixées aux moyeux et au joug, et un homme passe sous les sabots. Au premier plan, quelqu’un court vers nous : il ne combat pas, il se met hors du chemin. Tout l’argument de la planche est là. Le char à faux faisait peur, et il ne fonctionnait que contre des troupes qui restaient en place.

Ce que faisaient les lames, et ce qu’elles ne faisaient pas

Des faux aux moyeux, parfois au joug et au timon : une machine attelée transformée en tranchant mobile. Contre une ligne dense et immobile, c’eût été effroyable. Mais elle n’avait aucune réponse à une formation qui ouvre un couloir et le referme derrière, ce que l’infanterie d’Alexandre savait exécuter sur ordre. La parade ne fut pas une meilleure arme : ce fut une manœuvre.

On arrêtait les chars avant leur arrivée

Les troupes légères — lanceurs de javelots et Agrianes placés devant la ligne — visaient les chevaux et les conducteurs pendant que les chars roulaient encore. Un char dont le conducteur est mort n’est plus qu’une charrette. Ceux qui passaient trouvaient les intervalles déjà ouverts et étaient achevés par-derrière. Arrien parle de dégâts minimes ; Diodore et Quinte-Curce décrivent un carnage. Le désaccord mérite d’être connu : il rappelle que ces textes furent écrits à des fins différentes.

Darius avait fait aplanir le terrain

C’est le détail qui explique le plan perse. Darius choisit la plaine et la fit dégager et niveler pour que chars et cavalerie puissent manœuvrer. Une armée qui prépare le sol à l’avance est une armée qui s’engage à livrer la bataille qu’elle a imaginée — et c’est exactement cet engagement que l’adversaire exploite : Alexandre tira la ligne perse de côté jusqu’à la déchirer.

Ce n’était pas la première fois, et Xénophon l’avait vu

Le char à faux n’était pas une nouveauté à Gaugamèles. On l’avait employé à Counaxa soixante-dix ans plus tôt, où Xénophon vit la ligne grecque s’ouvrir et les chars la traverser sans effet, et on l’essaierait encore ensuite. Une arme que l’on reconstruit après chaque échec en dit davantage sur ceux qui la commandent que sur le champ de bataille.

Cette bataille-là, le ciel nous la date

Gaugamèles est l’une des rares batailles antiques calées sur le calendrier par une source indépendante : un journal astronomique babylonien note l’éclipse de Lune survenue onze jours plus tôt ainsi que l’issue du combat, ce qui la place au 1er octobre 331 av. J.-C. Des recherches archéologiques au Kurdistan irakien, près d’Erbil, en ont depuis proposé le terrain.

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